Le diagnostic en dermatologie est établi sur les
données de l'interrogatoire, de l'examen physique et des examens complémentaires.
L'interrogatoire d'un malade dermatologique doit s'attacher
à préciser les modalités évolutives de la (des)
lésions (mode de début, aspect
initial, mode d'extension, évolution, traitements, ...) et les facteurs
de l'environnement (atteinte familiale, antécédents, profession,
prises
médicamenteuses, en particulier topiques...).
L'examen clinique, par l'accessibilité immédiate
de l'organe peau, permet parfois de poser le diagnostic d'emblée. Il
recherche les éléments
de la sémiologie dermatologique que sont les modifications cutanées
induites par les maladies, les agressions, portant sur la peau, les
muqueuses et/ou les phanères (poils, ongles).
La sémiologie décrit des lésions élémentaires.
Elles sont multiples et leur connaissance est indispensable pour le diagnostic
des
dermatoses Les lésions élémentaire peuvent être primitives,
traduisant le processus lésionnel initial, ou secondaires, représentant
l'évolution de ce processus initial (annexe 1). Une dermatose peut être
constituée d'un seul type de lésion élémentaire
ou de l'association de
plusieurs. Un examen histopathologique permet une démarche anatomo-clinique
dans les cas plus difficiles.
Les lésions élémentaires se reconnaissent sur des bases
cliniques. L'inspection apprécie la taille, la couleur, les bords, l'arrangement
et la
distribution des lésions. Elle peut être aidée par l' examen
à la loupe (10 dioptries). La palpation apprécie les caractéristiques
de la surface,
le relief, et entre le pouce et l'index, l'infiltration ou la consistance (molle
comme la lèvre, ferme comme l'extrémité du nez, ou dure).
Elle
permet aussi de situer la lésion en profondeur selon la mobilité
sur les plans profonds.
Il est possible de compléter l'examen par la vitropression. Cet examen
se pratique avec un verre de montre. Son appui sur la peau collabe les
capillaires et permet de différencier une macule érythémateuse
d'une macule purpurique. Le curetage a un intérêt limité
pour distinguer les
types de squames, et il permet de détacher les croûtes. Il utilise
un grattoir ou une curette et doit être fait avec douceur. La lumière
de Wood
est une lumière ultraviolette (UV longs). Elle exagère la pigmentation
cutanée, et accentue ainsi le contraste entre zones pigmentées
et non
pigmentées. Elle révèle aussi une fluorescence spécifique
de certains micro-organismes (jaune verte pour le pityriasis versicolor, rouge
corail pour l'érythrasma).
Enfin, les modifications cutanées pathologiques doivent être distinguées
des variations de la peau normale.
Plusieurs classifications sont proposées : lésions primitives
et secondaires, ou classification selon le caractère palpable ou non,
les
altérations de la surface, de la consistance de la peau (Annexes 1 et
2).
1.MACULE
C'est une tache, donc un changement de couleur, sans relief
ni infiltration. Elle est le plus souvent rouge. S'il s'agit d'autres couleurs,
c'est
une macule pigmentaire.
1-La macule rouge, de siège dermique, relève de trois mécanismes.
* La macule rouge vaso-motrice.
L'érythème est du à une vasodilatation inflammatoire, qui
s'efface à la vitropression.
Une vasodilatation artériolo-capillaire donne un érythème
rouge vif, congestif.
Lorsqu'il est généralisé, l'érythème est
-morbilliforme
(Im5) lorsqu'il laisse des espaces de peau saine,
-roséoliforme lorsqu'il réalise des macules rosées, à
la limite de la visibilité, et qu'il laisse des espaces de peau saine,
-scarlatiniforme (Im7)(
-
) (Im45)lorsqu'il est rouge vif, sans espace
de peau saine, avec desquamation secondaire fréquente.
Ses causes les plus fréquentes sont les maladies infectieuses et les
réactions cutanées aux médicaments.
Il peut être localisé. L'atteinte des parties découvertes
s'observe dans les photodermatoses. L'atteinte des plis est l'intertrigo ; il
y a souvent
d'autres lésions élémentaires intriquées.
La vasodilatation veinulaire réalise un érythème
violacé et froid. La cyanose est souvent distale(Im46)
(acrocyanose
). Le livedo est un
réseau cyanotique à larges mailles (livedo réticulaire
(
-
) (Im 65-73)
ou d'aspect arborescent (livedo branché).
Une érythrodermie est caractérisée par
une érythème généralisé et qui dure. L'érythème
est associé à une desquamation plus ou moins
marqué, à une infiltration cutanée. Il s'agit d'une forme
grave d'une dermatose. La notion de durée n'est pas retenue par tous
et le terme
d'érythrodermie est utilisé pour un érythème généralisé
.
* La macule télangiectasique
.(Im57)
Une dilatation vasculaire anormale par sa taille et sa permanence est une télangiectasie.
Rouge, non pulsatile, elle forme un trait fin,
tortueux souvent en arborisation
(Im66)ou en réseau. Elle est le plus souvent localisée,
en particulier au visage (couperose). Elle
est à différencier du vaisseau dermique normal vu par transparence
d'un épiderme et derme atrophique. Elle est réductible à
la vitro-
pression.
* La macule purpurique
Lorsqu'il y a extravasation d'hématies, il s'agit de purpura. C'est une
tache rouge sombre qui ne s'efface pas à la vitropression
(Im76)
et qui évolue selon les teintes de la biligénèse. Les aspects
cliniques sont la pétéchie
(Im77), tache arrondie, de petite taille, souvent
multiple, l'ecchymose
(Im53), de plus grande taille, la vibice, strie
d'un pli de flexion. Les causes du purpura à rechercher en urgence
sont hématologiques ; il faut rechercher une anomalie plaquettaire, surtout
quantitative (thrombopénie). Dans certains cas le purpura est
associé à une papule rouge ou une papule urticarienne. Son mécanisme
est alors immunologique, témoin d'une vasculite leucocytoclasique.
2-La macule pigmentaire peut être:
-hyperchromique : le pigment peut être la mélanine,
pigment naturel de l'épiderme. Il donne des teintes allant du marron
au noir, parfois au
bleu gris. Cette pigmentation mélanique
(Im63)est le plus souvent localisée.
Lorsqu'elle est généralisée, c'est la mélanodermie,
de
teinte homogène ou hétérogène. Cette coloration
peut être primitive ou secondaire, séquellaire.
En cas de pigmentation non mélanique, la couleur est variable. Le colorant
est soit naturel (ex : jaune pour la bilirubine), soit d'origine externe
(aliment : carotène
(Im56),métal : argent
(Im78), médicament, tatouage
(Im79), ...).
-hypochromique
(Im67) (diminution) et achromique
(Im67)(absence de pigmentation) : il y a diminution ou absence de
mélanocytes et/ou de sécrétion de mélanine. Les
termes respectifs pour le cuir chevelu sont la poliose et la canitie. Les hypochromies
et
achromies sont soit primitives, acquises ou héréditaires, diffuses
(albinisme) ou localisées (sclérose tubéreuse de Bourneville),
soit
secondaires (dartres achromiantes, pityriasis versicolor).
-la leucomélanodermie (Im68)est une association d'hypochromie et d'hyperchromie mélanique.
2.PAPULE
La lésion est en relief, pleine, solide, circonscrite,
perçue comme un ressaut par le doigt, de petite dimension. Elle peut
être ronde, ovalaire,
polygonale et/ou ombiliquée. Si elle plus grande, c'est une plaque. La
plaque peut résulter de la confluence de petites papules ou se
constituer d'emblée.
Selon le niveau de l'atteinte on distingue :
1 - La papule épidermique (Im64).
Elle est due à une hyperplasie de l'épiderme (acanthose). Elle est souvent sèche et kératosique. Un type clinique est la verrue
plane.2 - La papule dermique.
Elle réalise plusieurs types :
-oedémateuse (Im04), rose pâle, de consistance plus élastique, partiellement et temporairement réductible à la pression.
Le type clinique est l'urticaire.
-par infiltrat cellulaire inflammatoire ( - - ) (Im25-26-54), rouge sombre souvent, plus ferme, infiltrée, non réductible
à la pression.
-dysmétabolique ( - ) (Im23-24)par surcharge dermique d'un matériel amorphe, souvent jaunâtre.3 - La papule folliculaire (Im01)
Elle correspond à une atteinte du follicule pileux. Si elle est épidermique, elle est acuminée, dure, centrée par l'orifice folliculaire.
En cas d'atteinte dermique, elle est plus arrondie. Elle peut être responsable d'une alopécie.4 - La papule miliaire.
Elle est en rapport avec une atteinte des glandes et canaux sudoraux. Elle est rouge, acuminée.
L'analyse séméiologique des lésions papuleuses nécessite le plus souvent un complément biopsique.
3.NODULE
C'est une élevure solide, peu saillante, ronde ou ovalaire,
profonde. Elle est parfois douloureuse. Elle est liée à une atteinte
inflammatoire
ou tumorale primitive du derme réticulaire et/ou de l'hypoderme. Des
synonymes existent selon la taille : nodosité (petite taille >0,5
cm,
terme peu usité), nodule
(Im43) (taille > 1cm), nouure (
-
) (Im21-22) (taille > 5cm), ce dernier
terme étant réservé plus
particulièrement à la forme aiguë. L'hypodermite est un placard
hypodermique inflammatoire de grande taille. La gomme (terme peu utilisé)
est une nouure ou une hypodermite qui évolue vers le ramollissement et
l'ulcération. Elle est souvent d'origine infectieuse. L'évolution
est
aiguë (6 à 8 semaines d'évolution), subaiguë (3 à
6 mois), ou chronique (supérieure à 6 mois).
Il s'agit principalement de maladies tumorales ou inflammatoires (érythème noueux).
4.VEGETATION (Im16)
C'est une lésion faite d'excroissances (aspect en choux-fleur).
La morphologie variable donne des aspects filiformes ou lobulés. La base
est sessile ou pédiculée, la surface sèche ou humide. Elle
peut s'ulcérer, se surinfecter.
La verrucosité
(Im14)est une végétation sèche dont la surface
est cornée, squameuse, souvent grisâtre.
Elle peut être l'expression d'une infection, d'une tumeur bénigne
ou maligne.
5.VESICULE (Im51)
La lésion est en relief, translucide, de petite taille
(<5 mm de diamètre) traduisant une microcollection de liquide clair
ou jaunâtre, laissant
s'écouler une sérosité quand elle est percée. Les
signes fonctionnels sont variables. La vésicule est fragile et transitoire.
Elle peut évoluer
vers la coalescence (
-
) (Im34-35) (bulle), vers un trouble du contenu
(pustulisation)
(Im32), ou vers la rupture (suintement,
érosion, croûte).
Le siège est variable : rarement sous-cornée
(Im12)ou sous épidermique, la vésicule
est le plus souvent intra-épidermique : elle résulte
alors d'un dème inter-cellulaire (=spongiose dont le type est l'eczéma
(Im33)) ou d'une nécrose des kératinocytes (dans l'herpès,
le
zona). L'aspect clinique est variable avec des lésions soit disséminées,
soit groupées en bouquets (dermatose herpétiforme) ou en bandes
(dermatose zoniforme).
6.BULLE
Cette lésion en relief, de grande taille (= 5 mm) contient
un liquide clair, jaunâtre, ou hémorragique qui s'écoule
après perçage. Les signes
fonctionnels sont variables. Le toit fragile et transitoire évolue soit
vers une érosion avec frange épidermique périphérique,
soit vers une
croûte arrondie
(Im38).Son contenu peut devenir franchement purulent.
Plus tardivement on peut observer une séquelle pigmentée avec
un semis de petits grains blancs (microkystes épidermiques). Le signe
de Nikolski est le décollement cutané provoqué par une
pression
latérale du doigt en peau apparemment saine. Ce signe est peu spécifique
et douloureux.
Le siège de la bulle peut être intra-épidermique par acantholyse
(rupture des desmosomes) ou sous épidermique
(Im40). La bulle
sous-cornée (
-
) (Im47-48) a un toit fragile et la
présentation clinique est plus souvent érosive ou croûteuse,
arrondie.
Elle est la lésion élémentaire de maladies infectieuses
(impétigo), de maladies bulleuses autoimmunes (pemphigoïde, pemphigus),
de
certaines réactions cutanées médicamenteuses (syndrome
de Lyell).
7.PUSTULE
La lésion, plane ou en relief, est de taille variable,
souvent inférieure à 1 cm, de couleur blanche ou jaunâtre
contenant une sérosité louche
ou du pus franc, d'emblée. La transformation pustuleuse de vésicule
ou de bulle est un phénomène secondaire. Les signes fonctionnels
sont variables. Elle est fragile et transitoire, d'ou des modifications évolutives
: érosions, croûtes
(Im37).
Elle est:
- soit folliculaire (
-
) (Im55-30), acuminée, centrée
par un poil, de siège intra-épidermique ou sous-épidermique
et souvent liée à
une infection d'un follicule pilo-sébacé (folliculite),
- soit non folliculaire(
-
) (Im36-44)), intra-épidermique, plane,
superficielle, laiteuse, souvent coalescente et le plus souvent
amicrobienne. Son siège est intra-épidermique. Le pus peut parfois
décanter pour former un hypopion.
8.KERATOSE
La kératose(ou hyper-)(
-
)(Im08-15) est un épaississement corné
plus épais que large. La palpation donne une impression de
dureté, de rugosité particulières. Elle s'observe dans
les cors, aux paumes et aux plantes (kératodermie palmo-plantaire
(Im69)). La
corne
(Im61) est une kératose plus haute que large.
Sur les muqueuses, l'aspect correspondant s'appelle une leucokératose.
9.SQUAME
La squame est une lésion secondaire. Elle est le résultat
d'un détachement de la couche cornée, normale ou pathologique.
Les cellules
cornées sont peu adhérentes, entraînant une desquamation.
Les aspects cliniques sont nombreux :
-scarlatiniforme
(Im70)(en grand lambeau) : elle est
typique au cours de la scarlatine, de certaines réactions cutanées
aux
médicaments, en fin d'évolution des érythrodermies, ...
-pityriasiforme
(Im72)(petite, fine, blanchâtre, pulvérulente) : elle
est caractéristique du pityriasis versicolor, de l'état pelliculaire
du cuir
chevelu
-psoriasiforme (
-
) (Im71-62)
(brillante, large, micacée) : elle s'observe dans le psoriasis. Sur le
plan histologique elle est
caractérisée par une parakératose (persistance de noyaux
dans les cellules cornées)
-ichtyosiforme
(Im74)(écaille) : observées dans les ichtyoses
-folliculaires : à l'orifice d'un poil
-en collerette : fines, adhérentes au centre et non en périphérie.
La squame peut être associée à des croûtes (squame-croûte),
à un érythème. Les dermatoses érythémato-squameuses
sont trés
fréquentes. Elles ont les dénominations correspondantes au type
de squame (scarlatine, pityriasis, psoriasis, ichtyose). Une dermatose
érythémato-squameuse généralisée est une
dermatite exfoliation ; elle s'appelle érythrodermie si elle évolue
depuis plusieurs semaines
(cf érythème).
10.PERTES DE SUBSTANCE
Les pertes de substance cutanées sont de profondeur différente.
L'érosion
(Im13)(ou exulcération) est une perte de
substance superficielle à fond plat, bien limitée, guérissant
sans séquelle
cicatricielle. Elle intéresse l'épiderme et le sommet des papilles
dermiques. Le fond est humide et suintant, ou recouvert d'une croûte
secondaire. Des petits points rouges (0,1 à 0,2 mm) correspondent aux
papilles dermiques.
L'ulcération
(Im20)est une perte de substance plus profonde,
intéressant le derme, à bords plus ou moins réguliers,
guérissant en
laissant une cicatrice séquellaire. Sa surface peut être rouge,
ou jaunâtre (fond fibrineux), ou croûteuse, ou noire (nécrose).
La cicatrisation
se fait par le comblement de la perte de substance par des bourgeons charnus,
puis par épidermisation à partir des bords ou des annexes.
L'ulcère est une perte de substance chronique sans tendance à
la cicatrisation.
La fissure
(Im19)est une érosion ou une ulcération
linéaire, siégeant préférentiellement dans un pli,
ou aux paumes et aux plantes.
Le mal perforant (Im59)est un ulcère indolore, en raison d'un déficit sensitif neurologique. Il prédomine aux points d'appui plantaires.
La gangrène (Im17)est une nécrose tissulaire d'origine vasculaire ou infectieuse. Elle s'ulcère secondairement.
L'escarre
(Im18)est une nécrose secondairement ulcérée
au point de pression (ischémie d'appui). Elle peut dépasser l'épaisseur
de
la peau et atteindre les muscles, les tendons, les os et articulations.
La gangrène et l'escarre sont associées à une perte de
la sensibilité, une coloration noire, puis une élimination de
la nécrose avec un sillon
d'élimination.
Le chancre est une érosion ou une ulcération au point d'inoculation d'une infection contagieuse.
Le phagédénisme (Im60)est un mode d'extension centrifuge d'une ulcération. Il est souvent douloureux.
11.SCLEROSE
Cette lésion est caractérisée par un épaississement
et une perte de l'élasticité cutanée (condensation des
éléments constitutifs du derme).
La peau est dure et a perdu sa souplesse
(Im41). Elle s'observe dans des maladies inflammatoires
(sclérodermie
(Im42)) et
dans des insuffisances veineuses des membres inférieurs (dermo-hypdermite
sclérodermiforme).
12.ATROPHlE - - (Im02-03-27)
Elle est liée à l'amincissement de la peau par
diminution ou disparition de tout ou partie de ses éléments constitutifs.
Elle est de niveau soit
épidermique
(Im06), soit dermique, soit hypodermique, soit de plusieurs niveaux.
C'est une lésion en cupule déprimée plus ou moins
profonde, lisse et nacrée. La surface se ride à la pression tangentielle.
Elle peut au contraire être en relief par hernie des éléments
sous-
jacents. L'appréciation se fait à la palpation qui repère
la dépression. Les éléments sous-jacents (capillaires,
veines, relief osseux)
deviennent visibles.
Une poïkilodermie
(Im52)associe atrophie, télangiectasie et
pigmentation réticulée.
Les causes sont variables : cicatricielles, post-inflammatoires, idiopathiques,...
13.LESIONS TOUJOURS SECONDAIRES
1-La croûte
(Im09)est le coagulum d'un exsudat: séreux ou hémorragique
ou purulent, de couleur correspondante jaune vif
(= mélicérique), ou rouge sombre ou brune. Elle se détache
assez facilement au contraire de la kératose.
2-La cicatrice
(Im10)est une lésion de réparation. Elle associe souvent
atrophie et sclérose. Les formes cliniques sont la cicatrice
hypertrophique (
-
-
) (Im11-39-58) qui est en relief, bombée,
régulière et dont l'évolution est en général
régressive
en 12 à 18 mois, et la cicatrice chéloide, qui a une évolution
extensive sur des années. Cette dernière est plus fréquente
sur peau noire,
et dans certains sièges (partie supérieure du tronc).
14.LES PHANERES
Elles comprennent les poils et cheveux d'une part, les ongles d'autre part.
1 - L'alopécie
(Im28)est une perte des cheveux ou des poils. Elle peut être
diffuse ; le type clinique le plus fréquent est l'alopécie
androgénétique sous dépendance génétique
et hormonale qui débute après la puberté. L'alopécie
localisée s'observe dans de nombreuses
circonstances : traumatique, infectieuse, inflammatoire. Certaines causes sont
responsables d'alopécie cicatricielle : le follicule pileux est
détruit.
2 - L'onyxis est l'inflammation de l'appareil unguéal.
Il s'accompagne parfois de péri onyxis : inflammation des replis péri-unguéaux.
Les principales modifications de coloration de l'ongle sont la leuconychie
(Im50)(blanc) et la mélanonychie (marron à noir).
L'onycholyse est le décollement de la tablette du lit unguéal
du lit de l'ongle. Les causes sont variées.
La pachyonychie est l'épaississement de la tablette unguéale.
15.LES MUQUEUSES
1-Muqueuse buccale
La chéilite
(Im49) est l'inflammation des lèvres. La
chéilite angulaire ou perlèche est l'inflammation des plis commissuraux
labiaux
et de la peau adjacente. La glossite est l'inflammation de la langue.
2-Muqueuse génitale
La balanite
(Im31)est l'inflammation de la muqueuse du gland. Lorsque le prépuce
est atteint, il s'agit d'une balano-posthite. La vulvite
est l'inflammation de la muqueuse vulvaire.
16.LE DIAGNOSTIC DE LA MALADIE DERMATOLOGIQUE
Elle correspond à l'analyse clinique de la dermatose.
Cette analyse suit un plan qui note la distribution, puis l'arrangement, enfin
la
morphologie des lésions élémentaires.
1 - La topographie
La dermatose peut être circonscrite (bien limitée),
ou régionale, ou diffuse (plusieurs régions atteintes) ou généralisée.
Il faut noter le lieu
d'apparition du début (ex : zones découvertes, qui évoquent
une photodermatose sans que cela ait une valeur absolue). L'atteinte des plis
est un intertrigo. Certaines dermatoses ont un siège préférentiel
: palmo-plantaire (érythème polymorphe, syphilis secondaire),
face
antérieure des poignets (gale), ...
2 - Arrangement des lésions
De nombreuses dermatoses sont constituées d'une association
de lésions élémentaires. Les dermatoses érythémato-squameuses
sont
fréquentes. Un purpura papuleux évoque une vasculite. Le prurigo
est caractérisé par une papulo-vésicule, souvent excoriée.
Les papulo-
pustules du visage sont observées dans l'acné et la rosacée,
...
Le groupement des lésions permet de caractériser
des mécanismes et certaines dermatoses. Le phénomène de
Koebner
(Im29) est
l'apparition de lésions élémentaires sur une zone précédemment
traumatisée. Il s'observe dans le psoriasis, le lichen. Une dermatose
nummulaire comporte des lésions rondes ou ovalaires, surélevées
; elle est discoïde si les lésions sont plus grandes et plus planes.
Si la
lésion élémentaire est plus nette en bordure de la dermatose,
on parle d'aspect marginé. Des anneaux concentriques réalisent
un aspect en
cocarde. Plus rarement, elle dessine des anneaux (aspect annulaire), des arcs
de cercle (aspect circiné), des sinuosités (aspect serpigineux).
L'aspect polycyclique résulte de la confluence d'anneaux ou de lésions
rondes. La dermatose peut être linéaire. Dans tous les cas, il
est
important de bien regarder les bords de la dermatose, les lésions élémentaires
y étant souvent plus nettes.
La modification des lésions gène l'interprétation.
Elle peut être due au grattage, au vieillissement des lésions élémentaires,
à une surinfection,
aux traitements locaux non pertinents ou irritants, ...
3 - L'examen dermatologique
L'examen dermatologiquene doit pas oublier les ongles, les phanères et les muqueuses. Il est complété par un examen général.
4 - Une photographie des lésions
Une photographie des lésions est utile dans plusieurs
situations. Elle permet de compléter la fiche d'observation, elle sert
de moyen de
surveillance (ex naevus). Elle peut être utlisée dans un but diagnostique
ou pour la formation médicale.
La photographie doit être prise avec l'accord du malade.